Article Le Nouveau Continent dans  Classeur, Ed. Cosa Mentale, « Le mythe de Pierre " Revue Classeur, 2015.

Le nouveau continent

 

 

 

" Qui l’eut cru? 

Qui la sentait encore cette saveur de l’Inconnu?

Ce goût salé des mers capricieuses, des mers monstrueuses, qui s’étalaient jusqu’au vide, jusqu’au trou, jusqu’a la fin du monde peut être? 

La lune a ravi nos récits de voyages une fois le Terre close, puis la machine à rêver s’est emballée vers l’infini cosmos, et ce, dès Kepler et sa fiction lunaire inscrivant le ciel à nos ambitions les plus sérieuses, les plus séduisantes, les plus énigmatiques. 

Les terres étaient connues, cartographiées. Il n’y avait plus rien à attendre de ces mers que nos satellites n’aient déjà photographié. Nous avons inventer Google Earth, on nous l’a fait pas! 

Qui se doutait du nouveau continent? Qui aurait pu imaginer l’affaire – horrifiante bien que miraculeuse –, qui aurait su se représenter sa masse ballotant en silence, sous nos propres yeux, faisant la chique à nos satellites, dans ces mers que nous avons nommées – baptisées comme nos enfants –, que nous avons sillonnées si bien que, sans sourciller nous pouvions affirmer que oui, nous en connaissions l’ensemble des contrées? 

Nous en connaissions…

 

Un héritage

En 1997, le navigateur Charles Moore découvre par hasard, au cours d’une traversée de la gyre subtropicale du Pacifique Nord, une toute jeune terra incognita : "the Great Pacific Garbage Patch" (« la grande zone de détritus du Pacifique »), encore nommée le vortex de déchets. L’explorateur et son voilier se retrouvent pris dans une marée de débris plastiques, moins une terre dense et solide à laquelle s’amarrer, davantage une soupe épaisse flottant sous la surface de l’eau et s’étendant jusqu’à trente mètres de profondeur.

Moore et son équipe reviennent d'une course entre Los Angeles et Honolulu, empruntant une voie maritime peu habituelle, au centre de la gyre : « Jour après jour, je ne voyais pas de dauphins, pas de baleines, pas de poissons, je ne voyais que du plastique ». Les débris sont rassemblés par les courants marins. 

Ces « territoires inconnus » sont des îles de détritus produits par l’activité humaine, dont environ 80% proviennent des terres, emportés par les intempéries et les cours d’eau : « bouées, casiers à poissons, balles de golf, briquets, bouteilles, casques d'ouvriers, jerricanes, boîtes diverses, caisses de bière, pots de fleurs, enseignes, fusibles, blocs de polystyrène, couvercles, rasoirs jetables, boîtiers de CD, etc. » Ce n’est que le début de quelques belles découvertes, ces « îles » fleurissant à divers endroits du globe. 

A poursuivre avec Classeur...

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